L’aurore et la silène
A l'ombre d'un talus ou vive dans le jour,
Dominant d'une tête à la coiffe fragile
Quelques feuilles nouées sur sa tige gracile,
Elle offre ses parfums aux ailes de velours.
Posant dans le soleil comme une œuvre vivante
Il vient au rendez-vous d'un battement de voiles,
Drapé dans les motifs, les huiles d'une toile,
Et s'ouvre comme un livre aux pages souriantes.
Rien de plus ne les lie qu'une once de nectar
Echangée comme un vœu dessous l'astre lumière
Dont ils sont le dessein, les enfants, le mystère,
Eclos dans l'alchimie du sable et du hasard.
Quand mon âme griffée par les ronces urbaines
Entend la nuit pleurer ses étoiles enfuies
Je veux me souvenir qu'il est une autre vie
Et je photographie l'aurore et la silène.
Bertrand - Avril 2008